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— Notre premier c’était lequel ?
— C’était en 2007.
— Nous étions ensemble mais seul comme souvent.
— On s’était rendu compte de la force de la chose en 1993 quand tout était devenu bleu dans les yeux de Juliette.
— Quel âge avions-nous ?
— 15 ou 16 ans.
— C’était aussi notre première fois avec Delphine.
— Première fois pour elle aussi.
— Alors tu le craches le morceau.
— 21, mais tout léger. Nous sommes même retournés le voir accompagné.
— Et ensuite ?
— Rétrospective inversé avec les chiens.
— D’ailleurs il va falloir leur poser la question à toutes et tous là-bas. Pourquoi cette obsession avec cet animal au pays des olmèques ?
— Puis en désordre et non exhaustif.
— And your mother as well.
— Mamacita.
— No.
— Non non, ça c’est chilien, il n’y que l’acteur principal qui est mexicain.
— 2016.
— Oh oui.
— Alfredo nous avait dit : « Ce film c’est toi Julien. »
— Interdit au moins de 16 ans à sa sortie en France.
— Dans une région aussi sauvage c’est mérité.
— Putain si on pouvait mettre le nom d’Alfredo ça nous mettrait peut-être en orbite.
— Qui sait un jour il acceptera qu’on affiche son portrait fait en gare TGV d’Avignon sur notre site internet ?
— Je crois que la prochaine fois qu’on le verra, il nous le demandera à genou(X) pour la nouvelle version.
— Il nous le doit bien, à nous faire mettre à poils dans son salon et de ne pas arrêter de se marrer et avec son accent mexicain : « Alors toi tu veux y arriver. »
— “I want to make history.”
— ”Where do we start?“ Monsieur aime les TV séries pointues tirées au scalpel du début du siècle dernier nimbées d'électro.
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— Tu as mis du temps à enfin parler de cette rencontre.
— Une de mes plus belles et dont je suis le plus fier.
— Nous étions donc rentrés au bercail et tout le monde dormait.
— Ça c’est bien notre fierté. Malgré les disputes à répétions et à toutes heures en se pendant à la fenêtre du quatrième étage pour nous faire croire qu’elle allait voler, ils ont toujours dormi vite et à poings fermés.
— À l’époque elle était en publique sur Instagram, ce n’est que depuis quelques année qu’elle est passé en privé, et elle m’a embarqué dans ses aventures.
— Mais aujourd’hui nous ouvrir la porte à
@triplejulienalbertini, notre compte qui compte, cela représente plus. Elle doit se dire que je suis peut-être prêt ?
— C’est allé assez vite, il ne nous a fallu que 7 ans.
— Oula, ne crions pas victoire trop vite veux-tu ?
— Je postais mes images et à l’époque l’algorithme ne tordait pas tout. On voyait uniquement ce que les autres postaient dans le temps réel.
— C’était pertinent de poster de façon compulsive comme tu le faisais.
— Elles et ils m’ont pris pour un fou. Elles et ils n’ont rien compris.
— On parlera de l’écrasement des images sous un flux dense un autre fois l’artiste.
— Oui il vaut mieux Julien.
— Je poste donc et je regarde ensuite qui a fait de même.
— Elle aussi. La fête des morts mexicaine. C’est une toute autre biberine.
— Là aussi on ne développera pas, c’était juste plein de joie avec ce qu’il faut de violence.
— De mes souvenirs, nous avons conversé en publique dans les commentaires.
— Elle like une photo de mon plus jeune fils qui joue sur son iPod.
— Oui ils m’ont rejoint, ils sont là autour moi. Ils se couchent et se lèvent tôt.
— Est-ce que je lui parle de Carlos ? De sa performance d’actrice avec lui ? Je suis lourd mais je ne vais pas jusqu’à lui dire que je la trouve belle.
— Je dis projet.
— Elle répond MARSICO.
— Et bien soit, il en sera ainsi. J’arrive.
— Peut-être que tu pourrais dire son nom pour une fois ?
— Nathalia Acevedo.
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— C’est tout Julien ?
— Tu sais très bien que non l’artiste. Corée.
— Séoul.
— Si le lien se fait entre Bruno et Carlos, il se fait aussi entre Mexico et la capitale du pays d'Asie de l'Est.
— Sans conteste les deux meilleures nations de cinéma de notre époque contemporaine.
— La même qu’avec le Mexique.
— Oui mais avant il faut expliquer Bruno.
— J’ai rencontré Carlos et Bruno au même moment, et avec les deux j’ai fait des rétrospectives chronologiques. La série de Bruno pour Arte, seulement la première saison, c’est juste hilarant. Même la franco-marocaine s’est pissée dessus et l’a fait voir à son fils malgré la femme morte nue et enchaînée à un caillou que nos petites têtes blondes ne voient pas parce que c’est bien fait.
— C’est parti. Le vieux garçon. 2003. Faut oublier l’adaptation de Spike.
— Oui, c’était mieux quand il faisait ce qu’il fallait faire plutôt que de faire le guignol à Cannes habillé comme l’as de pique.
— Tu parles trop, tu me donnes soif.
— Mon film de vampires préféré. Je n’aime pas trop employer cette expression, mais je ne vois pas qui pourrait détrôner Park Chan-wook.
— Va trouver le prénom là-dedans.
— Deux scènes.
— Celle de la transformation.
— D’elle. Et celle des chaussures.
— La mer jaune. 2010.
— Le chasseur. 2008. Avec les mêmes acteurs mais en inversé. Et le réalisateur qui était scénariste dans le premier.
— Et pour couronner ‘Blood and bones’. 2004.
— Japonais le réalisateur.
— Oui, une sorte de pied noir venu du pays divisé depuis 1945.