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D. − Au fig.
Le flux et le reflux.
Alternance de mouvements, d'idées, d'influences.

JULIEN ALBERTINI
writer, visual artist(E) and photographer
info@julienalbertini.com
+33 (0) 6 52 65 08 68
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« Je parle anglais aux marchands, italien aux dames, français aux hommes, espagnol à Dieu et allemand à mon cheval. » Charles (1500-1558)

« À chaque époque ses références Julien. Aujourd’hui je dirai que je parle toujours espagnol à Dieu et allemand à mon cheval, mais anglais aux marchands tout autant qu’aux hommes et français aux dames. » Carlos

« Le racisme est une manière de déléguer à l’autre le dégoût de soi-même. » Robert




AFFICHE-FLYER QUI PARLE AUX FEMMES ET AUX HOMMES ET TOUT AUTANT AUX MARCHANDS
AFFICHE-FLYER QUI PARLE À DIEU ET AUX HOMMES ET AUSSI AUX MARCHANDS
AFFICHE-FLYER QUI PARLAIT AUX FEMMES ET QUI AUJOURD'HUI CONTINUE AVEC LES HOMMES ET LES MARCHANDS

(RE)present

À PARTIR DU MARDI 20 JANVIER
À LA PASSERELLE NOW
26 rue des Trois Mages
13006 Marseille



« Ses photos c'est la vie, vous savez celle qu'on croise tous les jours et qu'on finit par oublier parce que la routine, parce que le timing, parce que la lassitude. Alors lui il fait des arrêts sur image. Partout. Tout le temps. Et la vie se remet à vivre, à transpirer au travers de l'écran, à nous faire péter d'envie d'y aller. En fait, lui, c'est un peu le Philippe Djian de l'image. Lui c'est Julien Albertini. Il expose en ce moment*, et si vous préférez rester l'anus vissé au canapé, il y a son site internet. Ne passez pas à côté de la vie. » Stéphanie

*C’est vrai mais il vend aussi. Les négociations se font uniquement par e-mail sur jualbertini@gmail.com et en présentiel avec celles qui ont un joli sourire.


ACCROCHAGE
— You’re my first Manu.
— Please Julien not in English.
— Très bien. Tu es aussi l’un des rares qui répond à mes e-mails.
— Pourtant je n’ai rien à t’acheter. J’ai certes un des plus beaux sourires de Marseille, mais comment te dire l’artiste.
— Oui.
— Demain je ne peux pas venir pour le vernissage.
— Pas grave. Fabien non plus ne pourra pas.
— Vas le voir.
— C’est prévu.
— Bon ça n’a pas été aussi lapidaire.
— Oh non.
— Tu m’envoies le texte complet de MARSICO dans lequel je joue et la photo à l’intérieur.
— Sans faute.
— Hasta la Vista.
— Obrigado et à bientôt.
VERNISSAGE
1/2
— C’est magnifique Julien.
— Merci Gabriel, ça me touche venant de toi. Je te remercie d’être passé, elle et ils ne vont pas être nombreux ce soir.
— C’était prévu tu m’as dit. Moi je reviens de la Timone, mais je voulais vraiment passer. Tu peux dire ce que j’ai, j’en parle librement.
— Cancer depuis 3 ans, lequel je ne sais pas l'artiste.
— Quel importance l'artiste. Ça se soigne mon ami. Et puis vivre fait mourir.
— Le podologue.
— J’adore cette rousse. Quel est son nom ?
— Aucune importance.
2/2
— Tu sais je n’y vois pas grand chose de près. Et puis c’est tout petit. Raconte-moi plutôt.
— Quand un lieu, quel qu’il soit, fera jouer cette série il remportera la timbale.
— Et pourquoi sont-ils si rétifs ?
— C’est dans les gènes à Marseille.
— Elles et ils l’attrapent vite quand ils arrivent d’ailleurs.
— Ça devient même pire des fois l’artiste.
— True l’artiste.
— Tu vas partir à 23h de la Passerelle et certaines et certains pourraient se jeter dessus.
— Grand bien leur fasse. Kably veille mais je ne lui en tiendrai pas rigueur si des œuvres disparaissent.
— Ou sont détériorées. Tu doubles.
— Oh oui Gabriel.
— Un peu déçu par Hocine.
— Non, je le connais depuis longtemps. Il n’est pas fiable et il le sait. Je lui ai dit : « Bosse pour moi. »
— Et il t’as répondu : « D’autres m’ont aussi proposé. »
— Quelle quiche celui-là, pire qu’une gonzesse.
— Tu crois qu’il va revenir faire le coq devant toi ce soir ?
— Je l’attends de pied ferme l’algérien.

24 PATATES

Lui me devait 6 patates en 2023. Les intérêts ont couru. En 2025 douze. Maintenant en 2026 vingt-quatre. C’est une belle somme, j’en aurai bien besoin. Et avec un tel montant je pourrais arroser autour de moi. C’est une trompette, mais c’est un mafieux. Je ne sais pas si tu en a fréquenté dans ton boulot de serveur, mais ceux-là sont les plus dangereux. Alors moi je prévois de me le faire sur le papier. Dans ce cas je maîtrise tout mais c’est plus long. Tout un livre ça peut faire mal. Les Marlous. Je t’envoie le prologue. C’est sûrement un de mes textes les plus virulents. Vous n’y êtes pas tous les trois. Je n’ai pas envie d’écrire sur vous, je l’ai encore plus compris à la rédaction des deux lettres. Oui une était déjà rédigée, elle compte mais sans compter. Celle qui était destinée à la juge quand je suis passé devant le tribunal face à ta mère et qui m’a sauvé les miches. En premier il y a eu celle que j’ai écrit à ta sœur Françine. Je me suis rendu compte qu’elle vous était destinée à tous les deux, alors j’en ai écrite une deuxième à ta destination, mais cette fois-ci je savais que je l’écrivais pour vous deux. Je me dis qu’en fait ces lettres seront lu un jour par Isaac votre petit frère. Bref, revenons à nos moutons. Le mec se fait appeler Lolo, de son vrai nom Laurent Rodriguez, il a grandi à Plan-de-Cuques. Il a une myriade de bars sur Marseille et à Paris aussi. Je ne peux pas aller le voir seul. Donc s’il y a urgence pour le pognon, on y va tous les trois avec ta sœur et toi. Je peux demander à Fabien que vous aviez rencontré quand vous étiez petits avec Françine. Le but serait de ne pas en venir aux mains. Si on avait Laurent Debono avec nous ce serait génial, mais là c’est encore moins sûr que Fabien. Donc littéraire ou belliqueaire ?



SAMARITAIN
— Hey!
— Hey!
— Ça va Julien ?
— Ça va et toi Greg ?
— On l’a fait courte tu veux bien, je dois aller bosser.
— Toujours sur les toits de Marseille ?
— Et ailleurs. Toujours dans la tease l'artiste ?
— Tu sais qu’on va avoir toutes ses maisons et ses piscines.
— Tu parles de Lolo du Lounge Étoilé ?!
— Himself.
— Tu m’as fait jouer dans un de tes textes je m’en rappelle maintenant.
— Je ne suis pas sûr qu’il est bien compris.
— Développe.
— Il est le fusible de quelqu’un.
— Sans aucun doute.
— S’il ne joue plus son rôle que va-t-il se passer ?
— Ben il va se faire liquider. Mais c’est risqué pour toi aussi brother.
— Non. Je ne suis pas un bon samaritain. Je sais à qui me confronter.
— On dirait pas comme ça mais en fait tu es humble.
— Elle va bien ta fille ?
— Génial ! Elle a le même âge que la tienne.
— Faudrait qu’elles se rencontre.
— For sure. Du coup pour 2026 ce sera combien ?
— 24 patates.
— Hum, ça commence à être une somme plutôt rondelette l’artiste.
— Quand on pense que c’est parti de 3 000 €. Je ne pensais pas qu’un jour tu aurais pu être aussi patient.
— Quand ça paie.
— Allez j’y vais, à la prochaine l’ami.
— Tcho !

YOU ARE THE MEMORIES


“Hit him! Knock him over. With an attitude, with a word, with a look.”
Marlon Brando

Stevan Riley - Listen to me Marlon (2015)

LES MARLOUS

LE FLUX ET LE REFUS
tome 2

interlude{CHANDELLE}

PARIS

PIM LE CHAT (1/1)
1/3
— Ça confirme ce que je pensais Julien, très Frédéric époque Paris Dernière.
— Je ne sais pas si je dois le prendre pour un compliment Stéphanie. Il est de droite, mais je l’aime bien. Plus personne ne pose de likes sur mes posts. Je commence à faire le ménages dans mes abonnements et mes abonnés. Avantage, j’ai activé mes notifications sur Instagram.
— C'était un compliment. Lui on s'en fout, j'adorais l'émission. C’était gonflé et l'ambiance était particulière. J’ai retrouvé cette forme de voyeurisme consenti par les vus et assumée par le voyeur dans ta série. 666 followers l’artiste, je ne peux croire à une coïncidence.
— Ben j’en profite madame. Elles et ils sont là. Puisque plus rien ne bouge, à présent à chaque nouvelle inscrite ou inscrit j’en balance une ou un aux oubliettes. On devrait se voir avec Thierry avant que je rentre dans le sud. On parlera sûrement de tout ça. Bon il va falloir que je reflue assez vite une nouvelle série histoire que cet interlude{CHANDELLE} ne prenne pas toute la place. À bientôt Stéphanie.

2/3
— S’il arrivait un jour que tu n’assumes pas un échange tu me le dis et je rétrograde Sofia. Soyons honnêtes l’un envers l’autre, je ne cherche pas à te pousser. Ouvrons des portes ensemble et refermons celles qui pourraient être malencontreusement ouvertes.
— Ne t'inquiète pas Julien, j'assume. En même temps on est pris pour des cons. Si nous devions juste parler des mesures gouvernementales prises pour lutter contre le Covid 19, ils ne mettent pas l'argent là où il faudrait et c'est un choix de leurs parts. Ça a dû choquer ta série interlude{CHANDELLE}.
— Je n'ai pas été à l’initiative, c’est le couple qui a été demandeur.
— J'aime ce côté voyeuriste. Elles et ils vont sur des sites pornographiques, mais quand c'est suggéré sur Instagram ça les choque.
— Je ne trouve plus trace de toi la toulousaine.
— Je ne suis plus sur Instagram.
— Et ta mère ?
— Peut-être, mais ça n'a aucune importance, tu peux me retrouver sans elle.
— En 2023 je me rappelle avoir lu sur ton compte que tu avais migré sur YouTube.
— True. Peut-être que j'y suis encore.
— C'est le meilleur endroit pour discuter n'est-ce pas ?
— Agreed. On se fout d'être suivi(E) ou suivant(E) et ça change tout.
— Tu viendrais avec moi voir les parents d'Ugo ?
— Tu ne sais même pas si je vis toujours là-bas le méditerranéen.
— Et si oui l'algérienne ?
— Porque não.
— Si je compte bien tu dois avoir…
— Une très bonne année n'est-ce pas ?
— Oh oui.

3/3
— Je ne lis ton message qu'aujourd’hui Julien. J’ai fait le break. J’ai déconnecté tout le week-end. Je vais plutôt te contacter sur ton mobile, ce sera plus facile pour qu’on arrive à se voir.
— Salut Alfredo, je suis dans l’attente de savoir si je vais rester baser à Marseille ou si je vais m’installer quelques temps sur Arles. Nous allons réussir à nous voir, je n’en doute pas. Il est vrai qu’il serait plus simple d’avoir un moyen de communication plus immédiat. Si je pouvais aussi te joindre de mon côté nous augmenterions nos chances de pouvoir nous rencontrer. Je peux comprendre que tu ne veuilles pas me communiquer ton numéro de portable, mais peut-être pourrions nous utiliser Messenger ou une autre messagerie privée de ton choix ? Il y a aussi la série interlude{CHANDELLE}, une commande d'un jeune couple parisien que j'ai récemment mis en ligne sur mon site et j'espère pouvoir en parler avec toi. Hasta muy pronto.

Eartha Kitt - Under the bridges of Paris (1953)

I DON’T GIVE A


“Fuck, shit. Fuck, Shit.”
Peaches

Fatherfucker (2003)

1:21
— Tu m'avais promis que tu ne divulguerais jamais une de nos discussions en message privé Julien.
— C'est pour la bonne cause Françoise.
— Je te fais confiance, mais fais gaffe l'artiste. Le collège n'est pas ma meilleure période tu sais le méditerranéen.
— Ah mais tu m'intéresses de plus en plus la franco-vietnamienne. On ne peut pas dire que j'ai vécu mes meilleurs années moi aussi au Ruissatel. Mais straight to the point. 1:21, dis-moi jusqu'à quand tu as tenu.
— 10 secondes.

L'ÉBÉNISTE

— Aujourd'hui tu me mets en vedette sur ton site internet, ça me touche Julien.
— C'était bien la moindre des choses Olivier, avec tout ce que je fais sortir de ta bouche et qui ne vient que de ma tête.
— C'est drôle tous ces gens que tu étrilles sur les réseaux sociaux et qui te voudraient mort ou encore mieux enfermé dans une gaule à pourrir pour le reste de tes jours.
— Oui, quand il s'agit de défendre leurs réputations d'illustres inconnus, tu les vois toutes et tous se lever d'un seul homme et même parfois faire alliance avec des gens qu'elles ou ils détestent encore plus que moi.
— Tu ne m'as pas dit que les réseaux sociaux s'évertuaient à effacer la mémoire, que tout ce qui les intéressent ce sont nos données personnelles qu'on leur sert sur un plateau, en publique et en privé d'ailleurs.
— Elles et ils utilisent un outils qui s'est mué en service depuis déjà longtemps.
— Et s'agissant des influenceuses et influenceurs que nous appelions leader d'opinion il y a encore 10 ans de ça ?
— Elles et ils pensent que le nombre de like(S) qu'elles ou ils récoltent à chaque post leur confèrent.
— Mais à se comporter de la sorte avec toi, elle et ils te considèrent toi aussi comme une personnalité médiatique. Elles et ils croient peut-être que tu vas vraiment devenir l'artiste majeur de ces 20 prochaines années ?
— En tout cas en se conduisant comme elles et ils le font, c'est comme me faire la courte échelle.
— Et tu ne leur dis même pas merci ?
— Je n'ai pas vocation à être un berger pour des moutons.
— Qu'est-ce que tu veux alors l'artiste ? Certainement pas des femmes fortes et des hommes faibles. Depuis le temps que tu nous dis qu'elles et ils veulent ta peau.
— Non L'ébéniste, je veux des femmes puissantes et des hommes libres.
— Et des femmes libres et des hommes puissants ça marche aussi ?
— Des Femmes Libres bien sûr. Il se trouve que je le jour où je suis allé faire ma déposition à Arles après l'agression qu'avait subit Sandy par Christophe, j'ai rencontré deux femmes dans le commissariat et l'une d'elle m'a dit : « Les femmes libres monsieur ça n'existe pas ». Des hommes puissants, pour la peine on est sûr que oui. Nous en avons assez eu comme ça et on a vu ce que ça a donné.

SANDY

La Lutte a été âpre hier. Les deux dessins grands formats que je vais finalement accrocher dans mon exposition aujourd'hui, m’ont donnés du fil à retordre et mon combat avec eux m’a plongé dans une mélancolie que toutes les personnes que j’ai croisées hier soir ont perçue. Ce matin il faut que je me ressaisisse. Je me mets dans les oreilles la playlist 1975. Avec la 1991, elle est celle qui me remet le plus sûrement sur les rails. Je ne peux pas écrire avec de la musique. À présent même pour rédiger un cours SMS je n’y arrive plus. Pour dessiner ou quand je suis dans la rue et que les photos viennent à moi, c’est autre chose, ça m’est presque indispensable. Je vais alterner, finir la rédaction de cette histoire et achever mes deux dessins en cours. J’ai l’intime conviction que LE FLUX ET REFLUX est le mouvement inéluctable de la vie. Aspirer à la sérénité s’apparente au goût de mort pour moi. J’estime que le progrès ne peut être qu'un rallongement des temps paisibles et un raccourcissant des périodes troubles. Nous sommes au tout début d’une ces périodes. La guerre pourrait advenir, et en Europe plus qu’ailleurs. Sandy, je peux le nommer par son prénom, il n’en a rien à faire, est sûrement l’être le plus mélancolique que je connaisse. Il est née comme moi en 1976🐉🔥 et il a été un beau jeune homme. Il parle de cette époque comme la plus belle période de sa vie. Chez lui sa télévision tourne en permanence sur une chaîne d’information en continue, c’est désespérant. Je sais que je lui ai plu dès notre première rencontre, il n’a pas eu besoin de me le dire, je l’ai vu dans ses yeux. J’ai passé trois nuits chez lui et nous avons dormi côte à côte comme deux amis, partageant son lit et pas uniquement le pain comme l’auraient fait deux copains. Jamais un geste tendancieux. Quand je lui ai dit que j’étais tristement hétérosexuel, ça l’a fait rire et il m’a répondu : « Moi je suis un gros pédé Julien ». Ça ne l’a pas empêché de continuer à faire des allusions, mais elles étaient toujours fines et servi au bon moment. Nous avons beaucoup ri ensemble, mais ce que nous avons vécu, nous ne le revivrons plus. Il m’a habillé, m’a fait marcher avec des chaussures à talon dans son appartement pour travailler mon maintient, m’a nourri et m’a blanchi. Il s’est occupé de moi comme une mère. Je dois avoir encore quelques caleçons et quelques chaussettes chez lui. Et moi j’ai une jolie paire de gants en cuir marron et plein d’autres babioles qu’il m’a donné. Mais surtout j’ai teeshirt qu’il avait acheté à la fin des année 80 et qu’il n’a jamais porté, où il est écrit dessus ‘KISS THE FUTURE!’.

THE BLONDE(s)

PIM LE CHAT (2/2)
1/3
— J’avais 3 ans, elle 31. C'était le jour de son anniversaire, le 3 ou 4 septembre, elle ne saura jamais, ses parents ont toujours été vagues à ce sujet. L'état civil indique le 3 avec pour prénom Vincente, mais pour moi c'est Éliane. Encore une fantaisie de ses géniteurs qui l'ont appelé par son second prénom durant toute sa prime enfance. Très tôt ça n'a plus été maman. Mes mamans, je te l'ai déjà dit, ce sont pour : « Les gens qui écrivent savent que les formulent viennent et qu'on y renonce pas. » Françoise. Et pour : « Il faudrait pouvoir écrire avec le sang de son cœur et la bile de son foie, le tout pour faire plus mal encore. Car il est des heures où l'homme est comme un somnambule qui court sur les toits. Si on crie pour l'avertir, on le fait tomber un peu plus vite. » George. Sans oublier : « Combien de lumières éteintes dans l’histoire parce que la noblesse a voulu être le seul flambeau et la seule histoire des siècles écoulés ! Échappez à l’oubli, vous tous qui avez autre chose en l’esprit que la notion bornée du présent isolé. Écrivez votre histoire, vous tous qui avez compris votre vie et sondé votre cœur. Ce n’est pas à autres fins que j’écris la mienne et que je vais raconter celle de mes parents. » Et pour papa ? Je l'ai très tôt appelé Charly avec un ‘y’ et il a adoré. C’était mon Dieu. À présent aussi j'ai choisi. Pour : « Je suis une force qui va. » Et : « La forme c'est le fond qui remonte à la surface. » Bien sûr, Victor. L'autre : « Vos dix mille premières photos sont vos pires. » Henri avec un ‘i’. Elle était en colère contre mon père. Sûrement pour des aventures peu glorieuses. « J'aime les femmes. » M’a-dit-il un jour. Si j'avais été plus âgé je lui aurais répondu : « T'es un queutard pauvre homme. » On n'a jamais trop voulu me raconter ce qui c'était passé. Il a fallu que je devine.
— Vraiment ?!
— Oui. C’était son anniversaire, elle était en voiture avec un homme et ce jour là il pleuvait. Lui avait l'habitude de conduire comme aux 24h du Mans. Il a sûrement dû tenter l'expérience avec un tracteur ; c'est comme ça qu'il est mort, écrasé, deux ans après l'accident. Elle n'a même pas dû avoir le temps de s'envoyer en l'air avec lui. Verdict, le fémur droit coupé en douze, elle ne peut plus bouger les doigts de pied de la même jambe, traumatisme crânien, et cerise sur le gâteau, on lui découvre une fêlure au poignet alors qu'elle marche avec des béquilles depuis déjà deux mois : « Bon madame, je vous fais une ordonnance parce que vous vous plaignez, mais vous n’avez rien. » Il y a aussi quelques marques au visage mais qui disparaîtront très vite. Elle m’a réclamé. Il m’a amené la voir quand elle était encore à l’hôpital. Elle était sûrement chargée à bloc, un sourire extatique, la jambe pendue en l’air rafistolée avec des sortes d’agrafes, un souvenir de boucherie. Comme elle, comme sa mère, je suis et ma fille aussi. On encaisse plutôt bien, mais on l'a à travers la gorge tout le temps. Des femmes fortes, mais on ne peut pas dire qu'elles aient été intelligentes. C'est bien beau de se prendre des coups et de se relever, l'aigreur peut gagner à se prendre trop au sérieux. Passer à autre chose. La joie. Avec ce qu'il faut de violence.
— Et tu lui a envoyé ça. Mais tu es fou Julien !
— Elle était grande, elle était blonde. Mais attention Titouane, Helen pas dans son meilleur âge avec le cuisinier en 89. Plus jeune.

2/3
Il m'a dit : « Oh ça va Julien, c’était pour déconner. C’est fou comme tu es soupe au lait. » Je lui ai répondu : « À ce moment quand tu m’envoies cette image Calimero, une plainte a été déposée. » Il m'a répondu : « Et alors on est à Marseille ou bien… Non c’est bon, je n’ai pas besoin de ton d’aide, tu m’as déjà assez ramassé comme ça. » Moi : « Je ne sais pas comment ça se passe en Ardèche ou en Bourgogne, mais le président lui a dit… » Lui : « QUOI ENCORE ! TU NE VAS PAS ME RAMENER MANU DANS CETTE HISTOIRE TOUT DE MÊME. JE TE L’AI DIT, JE SUIS APOLITIQUE. » Moi : « Tu parles comme l’eunuque à présent calimero. Donc il lui a dit : « Vous ne prenez pas d’avocat madame ? Mais vous vous rendez compte que vous le soumettez à de la prison ferme ? Pour cause de grève des avocats je suis obligé de reporter l'audience. » Lui : « HEY L’ARTISTE, ELLE VOULAIT JUSTE T’HUMILIER. ET EN PLUS RAPPELLE-TOI, ELLE N'EST MÊME PAS VENUE À LA SECONDE AUDIENCE. » Moi : « Oui et ça a fait sourire le président. Mais pourquoi elle n’a pas plutôt fait une sculpture de moi avec un plug dans le cul comme elle a l'habitude de faire ? » Lui : « Regarde je retrouve mes minuscules. Ça aurait été te reconnaître comme Artiste l’artiste. »

3/3
— Alors comme ça monsieur préfère les brunes.
— Comment te dire, il y a des évidences qu'on ne peut contourner l'ami, et puis celle-là est anglaise. Et de fait encore moins ma came.
— Pourtant il y en a une qui te l'a mis bien profond Julien. Mais c'est lequel que tu as choisi ?
— Je t'ai dit que c'était un mec Olivier. Eunuque de surcroît. Le choix est pléthore. Caligula aurait été trop facile. Et pour que tu ne fasses pas d'erreur, elle y est habillée comme Madonna par Jean-Paul.
— Ah je comprends mieux. Tu peux basculer à la vapeur, mais tu restes toujours actif.
— Le drame dans tout ça c'est qu'elle a dû dire à la grande barbue suisse que j'avais posté en dépit amoureux.
— Mais tu m'as pas dit que c'était professionnel.
— Je la plains.
— Mais qui ça ?
— La grande barbue suisse qui est con comme un belge. Il cherche un papa et de préférence un artiste.
— C'est logique, un eunuque qui veut se faire mettre en orbite.
— Il aurait mieux valu qu'il reste avec sa communauté d'artistes orgasmiques et qu'il se dispense de fractionner en exposition collective avec nous. j'ai compris plus tard qu'il n'avait que du mépris pour notre Travail.
— T'as levé les masques l'artiste.
— Je ne voulais pas l'ébéniste, c'est malgré moi.
— Tu vas les mettre à genou(X) maintenant ?
— Si j'y suis obligé. Il faut au moins qu'ils en mettent un à terre. Je ne suis pas crâneur, je suis déjà passé à autre chose. Il faut que je parle à la princesse du Mans. Maintenant je peux m'occuper de gérer ses parasites.
— À quelle heure part ton train ?
— À 07h26 le mercredi 12 juin.

Blondie - Heart of class (1978)

CARLOS & SUZY

1/2
— Tu as bien fait de ne pas m’envoyer une photo de toi Carlos, l’histoire que je voulais raconter était beaucoup trop fleur bleue. À la place on a L’HISTOIRE 17 ; une putain d’histoire.
— Pas mal. Les SEGMENT(s) 1 et 2 sont une sorte de prologue pour rentrer ensuite dans le dur. Quelle vie Julien !
— Je passe pour un provocateur, mais je te le jure sur la tête de ma mère, je préfèrerai de loin que les évènements se déroulent plus sereinement. Je me rends compte aujourd’hui que j’ai toujours baigné dans un environnement peu propice à ‘Una vita tranquilla’. Sans aucun doute ça vient de moi. De ce que je suis.
— T’as plutôt une belle gueule, elles et ils sont charmés au tout début. Tu sais les faire rire et tu as beau sourire.
— Tu dois savoir de quoi tu parles, tu es sûrement l’un des plus beaux hommes que je connaisse.
— Te agradezco.
— Le hic c’est quand elles et ils se rendent compte du peu de pouvoir qu’elles et ils ont sur moi. Je ne suis pas un ogre comme Pablo, je ne mange personne, mais je ne laisse personne me manger. Tu sais, même la girl Dep’ est tombée dans le panneau. Elle a cru que comme Serge je pouvais deviner ses pensées.
— Elles peuvent te le faire payer d’avoir transgressé en intimité.
— Oui c’est bien ça le problème, on te demande d’explorer ‘La región salvaje’, mais quand on va là-bas il faut savoir avant ce qui nous y attire.
— Si c’est par curiosité pour élargir son spectre d’expériences, soit… Mais si ça doit combler l'ennui ou un vide, ça peut prendre toute la place.
— Très souvent, quand il y une couille dans le potage, ça tourne autour du père.
— Beaucoup cherchent un papa et pas un amant Julien.
— Moi j’ai encore des trucs à faire et à aller voir mi amigo. Et puis j’aime La vie.
— 17 novembre, 7h54, 17 degrés, en teeshirt. Mocho sol de noviembre para la foto!
— Cabrão!
— Non ça c’est du portugais l’artiste.

2/2
— Bonjour Suzy. Ce portrait que j’ai fait de toi hier m’a beaucoup touché, je m’attendais à ce que nous fassions quelque chose de bien plus solennel.
— Tu dis ça parce que je suis une vieille dame ?
— Non grand Dieu. La première fois que nous nous sommes rencontrés, je t’ai trouvé très élégante.
— Ah alors tu as cru que j’étais guindée.
— C’est vrai, j’avais des aprioris.
— Je suis Photographe comme toi. Certes journaliste, mais ce qui nous intéresse à tous les deux c’est la même chose. La Vie.
— C’est difficile aujourd’hui de prendre ce genre de photos madame.
— Ça l'était aussi à mon époque l’artiste. La liberté qu’on eu les photographes de la première moitié du siècle dernier est révolue.
— Toutes ces photos conformes, en famille, avec les mêmes sourires accrochés à tous les visages, c’est les ricains qui nous les ont ramenées, avec les chewing-gums, les frigidaires et tout le confort moderne.
— Tu redessines tes photos, c’est le moyen que tu as trouvé pour dénoncer ?
— Aussi avec mon logo…
— Hey pas avec moi jeune homme.
— J’allais dire dégeulasse.
— Très bien. Lier L'Intime aux problématiques sociales et politiques générales, ça peut aussi être perçu comme choquant par certaines et certains, tu ne trouves pas ?
— Alfonso ne fait que ça dans ‘Y tu mamá también’. Et puis : “Everything is about sex. Except sex. Sex is about power.”
— Ah maintenant tu cites Francis. Décidément L’Indécence est une seconde nature chez toi Julien.
— De ta part je prends cela comme un compliment Suzy.
— Tu devrais te détendre, nous vivons à Marseille, c’est une ville agréable, avec le soleil et la mer que j’aime temps.
— Tu savais que pendant la révolution française, cette ville a été débaptisée. Ville sans nom. Contre-révolutionnaire, mais pas royaliste comme les chouans de l’ouest de la France. Non, juste rien. Des chieuses et des chieurs qui passent leurs temps à se plaindre en ne sachant pratiquer que le sur place. Certaines et certains espèrent encore revenir à la vie d’avant. Mais ce n’est que le début. Marseille a des chances d’être le plus mauvais endroit en France avec ce qui nous attend.
— « À essayer de vivre comme si de rien été, on se fait un beau jour rattraper par la marée. »
— Mais je vois que toi aussi tu as tes références.

LA PRINCESSE DU MANS

1/2
Je m'y croyais. J’avais réussi à avoir un rendez-vous avec elle pour la prendre en photo et pour lui en vendre une. On allait se faire un pique-nique à la plage du Prophète avec une belle lumière dans une ambiance ESTIVAL(e). Tout avait pourtant bien commencé. On s'est retrouvé au Monoprix sur la Canebière pour faire les courses. J'avais prévenu que je n'avais pas d'argent et qu'on soustrairait ma part du prix de la photo. On passe en caisse et elle me dit : « Comment on fait Julien ? » Je lui réponds : « Comme on a dit. » Elle me répond : « Je ne peux pas t'acheter une photo, c'est beaucoup trop cher pour moi. » Moi : « Alors on rembale. » On a rembalé. De là je suis remonté vers le Cours Julien et je me suis dirigé vers La Plaine. J'ai besoin de m'asseoir, ma jambe me fait mal. Je demande à un jeune homme si je peux m’asseoir à côté de lui alors qu'il est tout seul sur un banc. Il accepte et nous engageons la discussion. Il est comorien et il vit à Marseille depuis trois ans. Il est sans travail et je n'en sais pas plus. Ce dont je suis sûr c'est qu'il vous survivra. Il y a des chances que moi aussi je fasse parti de ce qui resterons en vie. Il m'a dit un jour : « La vrai richesse c'est de se passer des choses Julien. » J'ai encore beaucoup trop, mais tout va disparaître. La société dans laquelle nous vivons va s'effondrer. La quête du confort et de la tranquillité est vaine, il faut se préparer à lutter pour survivre. Je suis prêt, Remy l'est aussi. Laurent a encore un peu peur, mais le moment venu il aura peut-être la force.

2/2
Aujourd'hui le rideau tombe. Mon compte principal [@]tripleaim ne sera plus ce qu'il a été. Nous étions trois sur @triplejulienalbertini, celui que je viens tout juste de créer. La tatoueuse qui préfère les femmes nous a quitté parce que je l'ai taguée sur une photo où il y avait une bite. J'ai fait l'effort, je lui ai expliqué que la bite n'était pas l'ennemi, que c'était le système patriarcal qu'il fallait mettre à bat. Elle m'a lu mais n'a pas répondu. J’ai invité Béatrice. Elle m'a dit qu'elle allait m'acheter une photo. La transaction devrait avoir lieu, mais elle peut très bien se rétracter au dernier moment. Dans ce cas je la désabonnerai, et nous ne seront plus que la princesse du Mans et moi. Elle elle y a droit. Elle a voulu une photo, elle m'a dit son prix et j'ai accepté. La semaine prochaine je me rends chez elle. J’imagine plein de choses. Je ne sais pas, je n'ai pas confiance en elle comme je n'ai confiance en personne. Vous croyez qu'elle a envie qu'on l'aime ? Moi je crois plutôt qu'elle veut qu'on la respecte. On fera ce qu'on a envie de faire. Et vous verrez ce qu'on a bien envie de vous montrer.

PLAYMOBIL(s)

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— Pourquoi tu m’emmerdes comme ça en message privé Julien ?
— Porte plainte Titouane.
— Ah ta gueule, c’est l’autre qu’il faut que tu réduises en poussière après ce qu’elle t’a fait et de fait continue encore.
— Elle c’est le dédain, c’est tout ce qu’elle aura et c’est encore pire que tout. Si je ne parle pas d’elle, elle n’existe pas.
— Mae de deus.
— Tu parles portugais maintenant ?
— Sim um poco. Ma femme de ménage est portugaise.
— Celle de Suzy est brésilienne.
— Elle remplace donc les ‘T’ par des ‘CH’.
— Tu m’impressionnes sista, mais m’embrouille pas.
PRODUCTIONS ET RÈGLES DE VENTE
Toutes les images à la vente ont été postées sur les comptes Instagram [@]tripleaim, @triplejulienalbertini, [@]trous.noirs et [@]oliviercatz ou intégrées à ce site internet.
Toutes les photos signées et tamponnées deviennent des exemplaires uniques.
Je livre partout dans le monde.
Exceptionnellement une photo achetée pourra être reproduite si celle-ci fait partie d’une installation sans qu'elle puisse être vendue.
Les délais de livraison sont de 48h et doivent éventuellement s'ajouter à un temps de production pouvant aller de 1 à 10 jours ouvrés en fonction des commandes.

TU REMONTES, TU REMONTES, TU REVIENS JUSQU’À LA BRAGUETTE


« Moi quand j’embauche c’est d’abord au plat, c’est là qu’on fait ses preuves. La position du corps c’est très important, tu te mets prêt de la table mais pas collé, si tu colles, tu perds la souplesse dans le coude. Voilà tu remontes, tu remontes comme ça, hop, maintenant tu repars, maintenant tu repars encore, tu remontes, tu remontes, tu reviens jusqu’à la braguette, voilà tu donnes un coup de vapeur et ça redonne du volume. Pourquoi tu t’marres ? »
Charles Berling

Anne Fontaine - Nettoyage à sec (1997)

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— J’ai dit à Charlotte, la girl du 15, qu’elle faisait parti de la team.
— Quelle équipe Julien ?
— Les girls du Dep’, les working girls tout en contrôle. La franco-marocaine est un morceau de choix dans la quadrille.
— Je t’ai dit que je la connaissais à peine, je regrette vraiment d’avoir été l’entremetteuse.
— Mais tu es folle, c’est elle qui a fait de moi une machine.
— Et la tunisienne, elle avait l’air si inoffensive. C’est toi qui l’a ramené chez moi au tout début de votre histoire.
— Tu connais son problème à elle. Mais je pense que c’est réglé. J’ai vu une photo d’elle sur le site de son employeuse, elle a un peu grossi. Elle elle m’a mis en orbite.
— C’est souvent le prix à payer quand on arrête l’abus du pousse-café. Toi aussi t’as rondi bro.
— Je t’ai dit que je serai chez toi en janvier et que ça allait me laisser le temps de me mettre aux dimensions pour passer correctement ta porte.
— Mais tu n’auras pas mon cadeau.
— La compagne de l'ébéniste va peut-être pouvoir s’en occuper, elle aussi tire des photos. Et puis au pire il y a la tireuse au main d’or dans ta ville qui doit avoir des contacts.
— Ils sont vraiment cons celui de la plage et celui de la sensibilité pelliculaire.
— J’ai mandaté deux anciens camarades. J’ai été un des premiers à dire à l'un que son travail était génial. L’autre il n’en avait pas besoin, il se le répète dans sa tête 9 fois par jour depuis des lustres.
— Comment pourrait-ils te faciliter la tâche à présent ?
— Référence papier pour le studio qui a presque les pieds dans l’eau et rendre la photo en poupée russe pour la chimie organique de la nomenclature des hétérocycles.
— Tu veux que je fasses quoi ? Je ne peux pas récupérer ton image, elle est déjà partie.
— C’est du passé, maintenant ‘KISS THE FUTURE!’
— Quand tu rentreras dans ce teeshirt à nouveau ce sera gagné mon frère.
— Faisons vivre cette série.
— C’est ma mission et je l’accepte. Tu passes alors en janvier, on va pouvoir s’en mettre une belle.
— Y’a intérêt, j’ai les aspirines et les citrates de bétaïne sur les starting-blocks.

3/3
— Qu’est-ce que tu vois au centre de la mosaïque du NINE FRAMES du jour sur @triplejulienalbertini Titouane ?
— Une de tes plus belles photos.
— M’embrouille pas j’ai dit.
— Une qui nous soutient.
— À quelle échelle ?
— 1.
— Est-ce que ça vaut la peine de la tirer à une autre ?
— Non.
— Pourquoi je vendrais ça moins cher qu’une 40x40 alors qu’en 20x20 c’est là que l’évidence opère ?
— Tu prêches une convertie Julien, tu sais que j’aime tes petits formats. Ce n’est pas la taille qui compte.
— Et maintenant que tu revois la mosaïque ?
— Je vois une super série. Pendant une semaine tu m’as défoncé sur Instragram, j’étais aux aguets, j’attendais la prochaine avec impatience.
— Et la première avec Thomas que je t’ai envoyée t’a tapée dans l’œil avant toutes les autres n'est-ce pas ?
— C’est vrai que j’ai flashé.
— Celle-là on pourrait la tirer en plus grand.
— Carrément. Sur un mur.
— Le cadeau pour Christophe, on avait pas dit que ce serait pour les remparts de Forcalquier ?
— Hey c’était limite l’artiste, fais gaffe. Je t'avais dit Playmobil en 20x20 dans un cadre original.
— Il l’a était ?
— For sure, cette petite artisane assure.
— Un avion.
— Bon maintenant qu’on en a parlé, tu aurais choisi laquelle ?
— Tu as essayé Julien et plusieurs fois, mais j’ai fait la cliente optue : « C’est moi qui paie. »
— Ça tu ne l’as pas dit.
— Mais je l’ai transpiré.
— Tu as payé combien ?
— Le prix d’une photo artiste.
— Mais là il y a commande, donc je double comme les photos transformées.
— Tu l’as récupérée celle que Lolo le patrons du Lounge Étoilé t’a volée sur la table des négociations ?
— Non mais j’ai tout pour la refaire à l’identique. S'il l’a gardée, elle risque de lui avoir fait perdre le sommeil. En tout cas ça avait marché avec la franco-marocaine. Elle me l’avait rendu à genou(X) par l'intermédiaire du prof de math.
— Tu l’avais remboursée ?
— T’hallucines, elle m’avait payé le prix du tirage à l’époque : « Mon chéri. »
— Cécile n’est pas une mauvaise personne Julien.
— Non, mais elle n’a rien trouvé de mieux que de régler ses comptes avec les hommes à travers moi.
— Le père Julien.
— Je sais. La mère aussi.

*Playmobil est une marque de jouets allemande créée en 1974 par Hans Beck et Horst Brandstätter. « Vous levez la main en cadence comme des Playmobil. » François Ruffin aux députés LaREM en 2018

C'EST VRAI QUE MADAME EST DE VALENCE

PIM LE CHAT (1/1)
« Madame promène son chien un boudin noir nommé Byzance, Madame traîne son enfance et change selon les circonstances, Madame promène partout son accent russe avec aisance, c'est vrai que Madame est de Valence, tandis que moi tous les soirs, je suis barman à l'Alcazar. »

Jacques Brel - Les remparts de Varsovie (1978)

SO STEVEN, IT'S OVER, YOU'RE GONE WIN


“She looks fantastic, she always does.”
Michael Fassbender

Danny Boyle - Steve Jobs (2015)








ENREGISTREMENT OÙ NADIA ME HEURTE ET OÙ L’ON ENTEND LA TÊTE D’ISAAC TAPER CONTRE LA PORTE
— Tu m’obliges et tu sais que je ne veux pas.
— On fait bloc t’a dit ma sœur.
— Qui ça ?
— Tout le monde. Ta mère et ton père. Tu as bien raison, c'est vraiment une lavette celui-là.
— Je n’ai plus l’ambition de la changer l’ivoirienne.
— La lionne de Montmartre !
— Certainement pas.
— Please, je n’y arrive pas…
— J’espère que la dispute que j’ai eu avec elle hier soir sera la dernière.
— C’est peine perdue mon amour. Elle n’admet pas de devoir se soigner. Tu pourras tenter de la ramener à la logique, elle rebondie sur les mots comme moi.
— J’ai déjà vécu ce que tu me fais subir Nadia. Je ne vais pas te laisser faire comme avec la mozambicaine.
— Je n’y arrive pas, help me.
— Si tu ne veux pas te soigner aussi c’est peine perdue tout pareil.
— Tu as dit à ma sœur que mon père voulait que tu aies son contact. Ce n’est pas vrai.
— True. Mais je m’en suis rendu compte hier. C’est lui qui veut mon contact que tu ne lui a pas donné.
— Tu n’en sais rien.
— Je présume. Mais je peux me tromper. Par contre j’ai le numéro de ta mère.
— Quoi !?
— Oui, tu me la donnais le même jour que celui de ta sœur pour les prévenir de la naissance d’Isaac.
— Quelle conne !
— Je ne lui enverrai pas l’enregistrement où tu me heurtes et où l’on entend la tête d’Isaac taper contre la porte.
— Je l’aime tellement.
— Non tu n’aimes pas. Tu en fais ta chose. Tu sais ce qui va se passer quand tu vas comprendre que tu es dos au mur et que même ma mort ne te sauvera pas ?
— Médée.
— J’ai tenté de l’expliquer à ta sœur.
— Je vais me soigner correctement promis. Toi tu n’as pas besoin, Michel le psychomotricien te l’a dit et il en connaît un rayon sur les maladies mentales.
— Il m’a invité à assister à l’une de ses séances hier. Il m’a présenté comme son stagiaire.
— Tu vas recommencer ?
— Sans aucun doute. Ce type est un pro.
— J’aurais à apprendre de lui.
— Sans aucun doute. En attendant je veux pour ce week-end que ça s’arrête maintenant.
— C’est ce que tu as dit à Steevie et Françine dans ton dernier message que tu leur a envoyé. Vont-ils enfin t’écouter ?
— Je ne sais pas.
— Je vais te rendre le dessin vert avec Cécile dessus. Aussi la photo de ta bite et te rembourser le balais à chiottes qui t’as coûté un peu plus de 3 euros.
— Muito obrigado.

ALMOST CINQUANTE

SINGLE 82 (1/1)
JULIEN ALBERTINI
writer, visual artist(E) and photographer
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