VLAD & ME CHEZ JOZY

JULIEN ALBERTINI
writer, visual artist(E) and photographer
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CHEZ SUZY, CÉCILE ET PHILIPPE
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— Mais que t’arrive-t-il Julien ? On dirait que tu viens de manger un Dhal à Brick Lane.
— Tu connais là-bas Suzy ?
— Si je connais. London 1975.
— Tu devais avoir 24 ans n’est-ce pas ?
— Exactement. Qu’as-tu mis en début sur ta playlist correspondante ?
— Elle démarre en triple avec Led Zeppelin.
— Physical Graffiti. Année de conception pour toi.
— Oh la con de ma mère.
— Ça explique beaucoup de chose petit. Tiens, applique-toi cette pommade. Et ne t’assieds pas trop aujourd’hui.

I'VE BEEN TO LONDON

PIM LE CHAT (1/1)
“I've been to London, seen seven wonders I know to trip is just to fall, I used to rock it, sometimes I'd roll it, I always knew what it was for, there can be no denying, that the wind'll shake 'em down, and the flat world's flying, and there's a new plague on the land.”

Led Zeppelin - The rover (1975)
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— C’est trop le bordel dans ta chambre Julien.
— Comme pendant mon exposition en 2020 au Panier Suzy. La voisine du dessous s’est encore plainte du bruit que je fais avec la chaise. J’ai pourtant mis des coussinets aux barreaux, mais ils n’adhèrent pas. J’ai dû lui mettre les quatre pattes en l’air. ll faut que j’opère.
— Ça me rappelle cette playlist que tu m’as fait écouter et qui joue en piste 2 une consultation prohibée.
— OFFEND THE REFEREE(s). Il ne faut pas que je la laisse me distraire comme Dr. Octagon.
— Tu m’expliques un peu l’artiste ?
— En accéléré alors.
— Top, tu as une minute.
— Je paie moins cher avec deux abonnements téléphoniques qu’avant avec un seul. Je ne sais pas à quoi va me servir ce numéro supplémentaire.
— Normalement il ne faut pas divulguer le deuxième, mais va à l’essentiel.
— Dis-moi plutôt trois objets que tu vois ici que tu veux que je t’explique.
— First le pompon rose.
— C’est celui de Marie Line, il est là pour décoration, il a un nom mais je ne m’en rappelle plus. Plus que deux.
— Le Pento, la bassine et les chaussures.
— Tu triches la bourgeoise communarde. La bassine c’est pour que Jeff fasse la différence entre un rouge sang et un orange foncé. — Rouge clair, mais il sort d’où ce mec ? Quelle technique pour le bandeau Captain retourné ?
— Je ne sais pas encore, mais je crois que ça va se finir au Posca.

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— Tu as pris mon lit en photo, mais je vais te défoncer le méditerranéen.
— Je retire l’image d’Instagram si ça te pose un problème.
— Non. Déjà que tu me dis que je suis une bourgeoise, il ne manquerait plus que je sois l’une de tes censeurs. Je te réserve le chien de ma chienne.

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— Suzy on va faire comme le dragon mère à présent. Toutes et tous se moquaient d’elle et maintenant au lieu d’aller faire leur tri sélectif qui ne sert à rien, ils feraient mieux de mettre un genou à terre en souvenir d’elle.
— Tu m’as dit qu’elle n’était pas tendre, et que je n’aurai pas aimé la connaître.
— Il faut connaître son histoire pour comprendre. 1m 45, même plus petite parce que presque bossue. Des doigts arthorsés pour avoir laissé ses mains plonger dans l’eau froide de tous ses ménages. Un nez d’aigle comme la franco-marocaine, avec un mari qui était son cousin germain. Lui plus d’1m80. Je peux te dire qu’il ne mouftait pas. Ses cauchemars en arabe alors qu’il les mangeait en journée, elle les calmait à coups de balais.
— Donc on laisse couler l’eau dans la bassine pour attendre que l’eau soit chaude parce que chez moi on est au gaz. Et on s’en ressert pour arroser mes plantes n’est-ce pas ?
— On peut même la boire si on nettoie avant la bassine au vinaigre blanc.

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— Je vais te faire une petite sucette Julien.
— Cécile on a plus de 40 ans tous les deux.
— Le mot que je déteste le plus c’est ‘défoncer’ le méditerranéen.
— C’est ce qu’utilisent les hôteliers pour dire que leurs clients les ont mis en quatre la franco-marocaine.
— Toi tu ne parles pas en faisant l’amour. Moi j’ai besoin : « Mon chérie. » Ça te plaisait ?
— Tout ce que tu m’as fait m’a plu. À part les 69. J’ai besoin d’être concentré ou de me laisser faire. Quand tu disais mon nom j’aimais aussi.
— Ton nom, mais ça ne va pas. S’il y en a un qui t’appelle Albertini c’est Lulu le danseur des mozambicaines, et c’est bien le seul. Pour moi ce sera toujours Julien et si tu veux m’appeler madame…
— Non ça on ne peut pas ici, souviens-toi.
— Je vais m’occuper de tes pieds alors. Mets-les dans la bassine.
— Oh oui Cécile. Merci.

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— Il faut que j’envoie un message à Philippe pour ma venue sur Paris en janvier prochain.
— Je ne comprends toujours rien Julien ?
— J’ai un an de retard Suzy.
— Pourtant tu m’avais dit être ponctuel comme l’architecte corse.
— Lui c’était la classe. Chapeau, costume sur mesure, les grolles toujours cirés impeccablement.
— J’aurais aimé le connaître.
— La chevalière que je porte en solitaire à présent, c’était la sienne. Avec les initiales de son fils.
— Encore trop abscons pour moi.
— Moi j’aurais dû avoir ses initiales à lui. La bague c’est celle de son père qui s’appelait comme son fils.
— Tu m’as dit que ton père s’appelait Charles et la princesse l’a très vite appelé Charly.
— Oui avec un ‘y’.
— Et donc ton grand-père ?
— Pascal, comme j’aurais dû.
— Ah je comprends maintenant, un coup sur deux. Quelle année pour la bague ?
— Je ne sais pas exactement, je dirais 120 ou 130 ans. J’en choisi deux et je les mets en gentlemen versus avec une option de réunion.

EVERYBODY FEELS THEY COULD'VE BEEN A CONTENDER


“In the theater, the actor is the boss. It's against the nature of human life to withdraw.”
Stella Adler

Stevan Riley - Listen to me Marlon (2015)

LE MARLOU & LE FACHO OU LES DEUX ESPINGOINS
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Nous avons à parler Ugo. Je me suis fait grossir le ventre en regardant tes exploits d’influenceur sur Youtube pendant 2 ans enfermé dans une chambre. Je me suis mis deux ans de prison. Je sors à peine et je suis en train de tout reperdre. Je sais que tu harangues tes adversaires politiques en combats d’homme à homme. Je ne me suis jamais battu de ma vie, mais j’ai cassé une dents à un minot une fois. Non pas l’un de mes fils. J’ai déjà viré un coup de pied au cul au plus jeune et ça m’a coûté très cher. Lui croit maintenant qu’il a été un enfant battu, tu vois le topo. Mais revenons à nos moutons. J’ai re-croisé récemment Francis, l’ancien professeur de taekwondo de mes rejetons qui doivent faire du basket maintenant car devenus de belles et grandes bêtes. L’ainé n’a aucun respect pour son père, pas encore 18 ans et il me mange déjà la soupe sur la tête. Je vais te maraver la gueule le toulousain. Ici c’est Marseille. Mais devrais-je plutôt dire c’est la Méditerranée, car je déteste cette ville plus que n’importe qui. Une pute. Je n’aime pas plus Paris la pute de luxe, bien que je vais avoir besoin de la rejoindre le mois prochain pour affaire. Mais je m’égare encore une fois. Je vais donc rappeler Francis pour qu’il me prépare. 1m75 pour bientôt 72 kilos, mon poids parfait pour enquiller les kilomètres. Ce que tu veux. MMA, boxe anglaise, moi je préfère comme l’avait imaginé Chuck, mais il est interdit d’en parler. J’espère que tu ne vas pas faire ta tapette et relever le gant. Je m’en pourlèche déjà les babines.

P.-S. La bise à Maximus.
P.-P.-S. Le minot était plus âgé que moi à l’époque, c’était un accident, mais une malice de sa part.

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— J’ai peur. Je ne dors plus Julien.
— Ben oui Lolo, tu t’attendais à quoi ?
— Je veux te rendre ton triptyque(S){PANORAMIQUE(s)} transformé, je suis sûr que c’est à cause de lui. Il est signé mais pas tamponné.
— Alors il ne vaut rien.
— S’il te plaît reprends-le l’artiste. Pourquoi as-tu dormi autant de temps ? Te retourner le cerveau pour des êtres aussi insignifiants que nous.
— Je n’ai pas tant pensé à vous le marlou. Tu as arrêté de boire ?
— Il n’y a que ça qui me fait tenir mon ami. La blonde qu’on s’est passé de la main à la main avec Stevie n’en peut plus. Il faudrait que tu t’occupes d’elle.
— Tu sais qu’elle tape dans l’œil, mais je ne crois pas qu’elle est très envie avec moi.
— S’il te plaît le méditerranéen, c’est ma réputation qui est en jeu. Toi tu t’en fous, mais pour la plupart d’entre-nous c’est indispensable.
— Capitaliste(S).
— Je ferais n’importe quoi pour la récupérer. Et puis se faire cocu par toi serait un honneur.
— Je suis très occupé tu sais.
— Please.
— Je vais voir ce que je peux faire, mais je ne te promets rien.

L’ÉCONOMIE C’EST LA SCIENCE DE L’AVARICE, LE ROYAUME DES ENCULÉS

PIM LE CHAT (1/1)
« Il est interdit de salarier un homme
Démission, à la moustache du capitaine
Eh, eh patron, prend ça dans ta trompe
Démission unilatérale, démission sans préavis
Démission sans putain de pointage au chômage
Démission, point final
Salutations, monsieur, madame
Veuillez accepter ma démission, là comme ça
Scotchée sur tes lunettes de champion mondial du dentifrice
Tous en même temps
Démission massive, démission collective, démission générale
On en veut plus de vos virements de radin
On en veut pas de votre putain de SMIC à la con
On en veut plus d’vos miettes
On ira en cultiver la terre, ou bouffer des racines, ou crever sous la lune
Aux sous qu’on fera peu importe, et surtout
On vous emmerde
Votre salaire de pièces jaunes
Votre putain d’abonnement à la misère vous pouvez vous l’rentrer dans l’coccyx
Le brut, le net, tu peux t’en faire un paquet
Tu te l’emballes, tu te le roules en cône
Tu te le fumes avec ton comptable et tout le conseil de masturbation
Bah comme ça demain
On fait l’mur, on détale tous
On déclare le rêve général
Nous avons le devoir de désobéir à tous ces marchands de bétail
À tous ces DRH et autres grands prêtres en management
Le devoir d’en finir
Vous m’entendez les galériens
Madame, Monsieur, j’ai l’honneur et le plaisir de vous caler ma démission entre les deux parties charnues et avec mon meilleur souvenir
Démission
Vous êtes pas encore partis ?
L’économie c’est un truc qui sent l’ail
Un truc qui nous rabaisse
Un truc qui nous salit
Mais on est plus grands que ça nous, papi, on a des ailes
L’économie ça veut dire radinerie
Un sou est un sou
Mais nous en s’en cogne
On va tout voler, on va tout donner
Comme ça gratos, ça va vous faire drôle
L’économie c’est la science de l’avarice, le royaume des enculés
Elle attendra l’économie qu’on lui trouve un putain de sens. »

Les Vilars - Démission / pour Claire (2017)
JULIEN ALBERTINI
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