2/10
— Salut Julien.
— Salut Jean-Charles.
— Tu as vu notre nouveau copain ?
— Ah oui. Il s’appelle comment ?
— Hérisson. Alors entraînement à 14h ?
— Comment ça, je ne comprends pas. Je suis venu te voir la semaine dernière après ma visite de contrôle à l’hôpital Européen et tu m’as dit que j’allais pouvoir me débrouiller tout seul. Et puis au mois août je t’avais proposé de décaler la chose à 19h pour ne pas le faire en plein cagnard.
— True. Rappelle-toi tu as promis la déférence à
Laurent et à moi tolérance.
— Alors n’en parlons plus veux-tu ?
— Oui. Tu as fait tes recherches sur Youtube pour gagner en masse musculaire ? Tu ne peux pas aller au combat ainsi, même si tu n’as plus peur de faire mal à présent.
— C’est vrai qu’à présent j’ai le poids parfait pour enquiller les kilomètres, mais certainement pas pour envisager un combat équitable avec notre facho national.
— Tu connais tes chances l’artiste. Elles sont minces. Tu peux bien sûr gagner en masse musculaire, mais il te fera toujours deux têtes de plus.
— Je sais bien, je ne me suis jamais raconter d’histoire sur cet affrontement. Mais ce n’est pas tant moi qui suis allé le provoquer, je l’ai juste pris au mot.
— Tu as déjà mis en lien cette histoire dans la bio de
@tripleaim. C’est une première de le faire avant que celle-ci soit achevée et d’en faire sa promotion.
— Je n’aime pas trop les procédures. J’avais même prévu de ne plus poster sur ce compte pendant un long moment.
— Tu as tenu combien de temps ?
— Un peu plus d’une semaine.
— Tu vas devoir poster en trois pour ne pas déséquilibrer ta mosaïque.
— J’ai tout ce qu’il faut pour ça. Mais fais-moi confiance je ne reprendrai pas avec mon flux habituel.
— Je ne te crois pas.
— Je te le jure sur la tête de ma mère.
3/10
— Moi non plus je n’y crois pas Julien.
— Tu es là pour ça Olivier, m’apporter la contradiction. Je n’ai toujours pas fini de récupérer tous mes textes et le travail de relecture n’est pas aussi enthousiasmant que celui de l’écriture.
— Tu es donc en phase de re{FLUX} si je comprends bien.
— On ne peut rien te cacher.
— C’est un passage obligé, comme pour tes photos et tes dessins ; c’est de les mettre en scène qui les font exister.
— Je me rends compte que chaque médium doit jouer différemment pour espérer accrocher. Les photos n’ont pas tant besoin d’être exposées comme les dessins, par contre les formations en diptyque, triptyque et quadriptyque deviennent quasiment indispensables sur mon site internet.
— Les textes peuvent aussi aider me semble-t-il ?
— Oui, mais pour que les textes existent, il faut qu’ils puissent être autonomes.
— Tu meubles un peu avec cette image ne crois-tu pas ?
— Tu n’aimes pas, une exposition d’art contemporain sur la la place des Danaïdes. Ça pourrait plaire à Martine du
Château de Cervières.
— Elle ne fera plus jamais l’effort avec toi maintenant.
— L’a-t-elle déjà fait ? C’est un peu comme les Marlous, s’ils savaient ce que leurs clients racontent sur eux ils n’en mèneraient pas large. Tout ce que je sais sur la blonde de
La Pelle qui Cool,
Stevie et
Lolo, on me l’a raconté. Martine devrait se renseigner sur ce qu’on dit sur elle et ses accointances politiques.
— Oui mais est-ce que c’est vrai ?
— Les marlous m’ont craché dessus et m’ont volé mes affaires à cause d’un serveur qui a pris la mouche sans raison valable et qui ne travaillait même pas pour eux. Leurs serveuses se comportent comme de vraies allumeuses ou se prennent pour des artistes qu’elles ne sont pas. Je précise que je ne suis pas le seul à le dire. Et tu voudrais que je vérifie mes sources avant de parler ? Ils m’ont ouvert la portes ces empafés et ils savent comment la refermer.
— Je sens que la photo et le texte correspondant qui vont suivre vont me régaler l'artiste.
— À ton service l’ébéniste.
4/10
— Là je suis obligé de prendre le relais Julien.
— Ça faisait longtemps l’artiste.
— C’est sûrement ces discutions avec toi-même qui doivent faire dire à certaines et certains que tu es complètement cintré.
— Elles et ils ferait mieux de se renseigner sur l’histoire de la littérature et des processus de création relatifs. Il y a au moins Émilie qui a compris.
— Avec sa 5ème dan Karaté elle pourrait sûrement parfaire ta formation.
— Nous n’en avons jamais parlé. J’ai dit au fasciste toulousain que je m’adapterai à ses armes.
— Qui sont ?
— La boxe anglaise uniquement.
— Avec Laurent c’est plutôt du pied-poing me semble-t-il ?
— Tu sais bien que la formation avec lui est multiforme. Si tu sais faire du pied-poing, tu peux tout autant ne faire qu’avec tes gants. Si tu ne me crois pas demande à
Matteo, c’est la relève du monde.
— C’est bon ça ira, je te fais confiance. Tu vas bientôt quitter Marseille, Comment vas-tu faire ?
— À Paris il y aurait bien Yves le cambodgien.
— Oui mais ce n’est pas là-bas que tu veux t’installer pour l’année 2024.
— Nonen effet, c’est sur l’île de
Carlos.
— Des clubs de boxe il doit bien y en avoir à Tenerife.
— Sans aucun doute.
— Mais le combat avec Papacito, tu l’avais prévu pour la fin de cette année me semble-t-il ?
— Je ne serai pas prêt pour cette date. Mon opération pour mon hernie inguinale m’empêche de travailler mes abdominaux correctement. Même si mes chances face au golgoth sont minces, il ne s’agit pas d’y aller en touriste.
— De toute manière il semble éviter l’affrontement.
— Je crois qu’il sait que quelque soit l’issue du combat, il a déjà perdu.
— Je ne comprends pas.
— Je peux bien me faire défoncer, un gabarit tel que le mien face à la brute qu’il veut laisser croire qu’il est, sa victoire aurait très mauvais goût. Et si je gagne, il sera complètement ridiculisé.
— Tu as donc déjà gagné.
— Oui mais ça m’oblige tout de même à être prêt. Je ne l’ai pas provoqué en duel juste pour la forme. Si seulement celles et ceux de mon camps comprenaient que nous avons aussi déjà gagné. Nous avons le nombre, il nous manque la conviction.
— Et surtout arrêté avec cette posture prétentieuse de non-violence.
— Tu connais mon leitmotiv Olivier ; la violence est la réponse à la brutalité.
— Ça ne nous dit pas pourquoi les balles de tennis Julien.
— Sous les aisselles, pour travailler ma garde, l’un de mes nombreux points faibles.
P.-S. Elle me dit : « Encore de l'entraînement l'artiste. Je vais parfaire les arts martiaux avec Jacques Tran Van Bah, expert en arts martiaux vietnamien. Et les balles ça renforce aussi les poignets. »