LES MARLOUS

JULIEN ALBERTINI
writer, visual artist(E) and photographer
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LE FLUX ET LE REFUS
tome 2

QUATRIÈME DE COUVERTURE

J'ai l'habitude de dire : « Je vais t'en mettre une et tu vas pouvoir te toucher les deux oreilles avec la même main. » Et tu me taquines sur la manière dont j'enroule mon pied gauche !? Parce que je dis aussi : « Pour l'instant tu as eu de la chance, je n'ai utilisé que mes paluches. Mais je peux te finir avec mes panards. » T'as oublié un truc mon Calimero de Bourgogne. La tête. Pourtant tu m'as vu l'utiliser et même la perdre quelques fois. J'ai deux souvenirs. 1984. L’Euro, 9 buts, mais un qui marque. Comme sur un terrain de tennis en montée au filet en décroisé. Je te laisse deviner lequel et contre qui. Si tu as un doute va sur Dailymotion. Et bien sûr 1993. J’y étais, j'avais 17 ans, c'était à Munich.

P.-S. Ça se finit toujours en 'i' ma parole ; Platini, Boli, Rudi. Il m'a dit en CM1 : « Albert* comme Albert et Tinni(E) comme la poupée ». Monsieur Vidal, qui nous avait aussi fait part de son goût pour la peine de mort. S'il ne l'est pas aujourd'hui, on se doute bien de son vote.

* J'ai donc aussi des origines germaniques. Il m'a dit un jour : « Moi je m'appelle Mohamed, mais au travail je suis NAZ(i). »

À : Franck
CC :
Cci :
Répondre à : ne_pas_repondre@julienalbertini.com
Objet : PRÉAMBULE POUR STÉPHANIE

Salut l’ami. Cette fois-ci c’est une certitude, je suis bien meilleur photographe que toi : « Mais t'es un fou l'artiste, t'as toujours pas de majuscule au titre que tu t’attribues et tu viens fanfaronner. Qu'est-ce qui peux bien te faire penser que quelque chose à changer à ton sujet ? Faut te faire soigner mon pauvre. Après ton pétage de plomb avec ma fille en 2020, n'espère pas être encore mon ami, va te faire foutre pauvre clown. »
Oui tu as raison pour la majuscule, toi et moi nous savons bien la signification péjorative de ce mot quand il est accompagné de son article défini, tout particulièrement à Marseille. Sur mon dérapage non contrôlé, tu as encore raison, et crois-moi, si tu étais au courant de tout, tu n'aurais même pas daigné me répondre. Ce qui a changé, c'est mon site internet. Ce n'est plus ce truc informe qui n’était qu’un outil de classification à défaut d’une plateforme pouvant me permettre d'exposer mon travail correctement. J'ai posté ma première photo sur Instagram en 2015 et nous nous sommes connu en 1998. J'étais graphiste à l'époque et j'ai commencé à m'assumer comme artiste photographe en 2017 : « Avant j'étais appliqué, maintenant je suis plastique. » T’avais-je dit.
Mon site est à présent une zone d'exposition. J’adore accrocher mes œuvres au mur, mais ça n'est plus indispensable et paradoxalement c'est la raison pour laquelle je vais recommencer à exposer, et aussi à voyager. Plus besoin de prendre de photos. Je peux aussi reprendre la marche et perdre les kilos que j’ai en trop sans avoir à shooter les images qui viennent à moi. J’en ai assez à présent pour pouvoir écrire toutes les histoires que j'ai envie de raconter. D'ailleurs je te l'annonce, je reprendrai mon activité de photographe sérieusement que lorsque j'aurai fini d'écrire l’histoire qui me trotte dans la tête depuis mon adolescence. 97 zero quatre. Je faisais mon service militaire et je relisais ‘Des fleurs pour Algernon’ de Daniel Keyes. Je voulais en faire une adaptation que j’aurais voulu appeler ‘Ma souris’. Il y a trois ans c’est Hélène qui m’a donné le titre définitif sans le vouloir. LE FLUX ET LE REFUS. Et bien c'est grâce à ce qu'il est de bon ton d'appeler à présent L'affaire Hanouna-Boyard que le déclic s'est produit.
Plus besoin non plus de reproduire mes images en dessin au stylo Bic et au pastel gras pour valoriser mon statut d’artiste à celles et ceux qui sont incapables de donner une valeur à une photo, qui plus est quand elle est prise avec un téléphone mobile : « Combien de temps ça t’a pris pour faire ce dessin Julien ? » M’avaient-elles et ils demandés plusieurs fois. Je leur avait répondu : « À partir de combien d’heures tu me l’achètes ? » Elles et Ils m’avaient répondu : « Tu sais moi Julien je n’ai pas d’argent pour ça ? » Moi : « Ah bon et pourquoi tu demandes alors ? Tu crois que je suis là pour amuser la galerie ? » Ces parasites n’arrêtaient pas de parader sur mes lieux d’expositions en me disant au combien elles et ils adoraient l’art : « Achète si tu aimes ça ? » Elles et ils : « Ah non, je ne peux vraiment pas. » C’est les mêmes qui n’arrivaient à mesurer la valeur d’une photo qu’à sa taille. Elles et ils habitent dans des appartements de taille modeste saturés par des objets inutiles, mais elles et ils voudraient des tirages pour accrocher dans des musées et surtout elles et ils ne comprennent pas que je puisse vendre une photo au même prix quelque soit sa taille. J’ai aussi changer mes règles de vente sur mon site, mais je suis resté sur mes fondamentaux. La reproduction en dessin c’est aussi pour pouvoir montrer ce qui n’est pas permis de montrer. Mais pour assurer mes arrières j’ai mon sticker magique ‘Kiss Kiss Gang Bang’. C’est la franco-marocaine qui m’avait donné l’idée cette fois. Je réserve à présent mon activité en dessin uniquement durant les périodes d’exposition pour faire le show. Il faut toujours avoir un truc à faire pendant ces moments là, sinon on devient fou à attendre que les gens viennent, le calimero de Bourgogne en sait quelque chose. Lui c’était la bibine.
Tu connais peut-être Lolo, le patron du Lounge Étoilé sur le boulevard Baille ? Ce sont les mêmes avec Hanouna. Il m'a craché à la figure ce fils de pute. Pour une photo. Et circonstance aggravante, en pleine période de Covid-19, sans qu’un quelconque vaccin existe à cette époque. Lui, son associé Stevie, Nacer le patron du bar La Barjavelle au Panier et un petit con dont je ne connais même pas le nom qui était là pour donner main forte à ses anciens patrons, Lolo et Stevie, qui sont devenus ses souteneurs au Deux-tiers au carré, un autre bar, aussi sur le boulevard Baille.
Si j'ai toujours voulu mes œuvres comme des armes de poing, avec mes mots je leur réserve le chien de ma chienne aux marlous des nuits marseillaises. Premier chapitre : Touche Pas à Mon Patron. Si je mène ce projet à son terme, mon roman sera en libre téléchargement sur mon site et ils n'ont plus qu'à prier que je ne trouve jamais d'éditeur. Il ne faut pas croire que je rumine depuis plus deux ans sur cette mésaventure. Tout ce temps là, quand j’y pensais, c’était plutôt : « À quoi bon Julien. » Ce n'est pas une banale histoire de vengeance, d'autres méritent bien plus ma vindicte que ces empafés bouffis par l'alcool. Celles et ceux que je décide d’épargner peuvent être tranquilles, elles et ils n'auront droit qu'à mon dédain et ça pourrait se révéler bien plus violent pour celles et ceux-là si tout se passe comme prévu dans quelques années.
Je leur avais proposé de mettre un genou à terre après qu'ils m'aient craché à la figure et volé mes affaires dont un triptyque(S){PANORAMIQUE(s)} transformé que j’avais laissé sur la table des négociations. Aucuns d'eux n'a eu la sombre idée de lever la main sur moi ce jour-là. Ils auraient voulu que je pète un plomb et que je leur rentre dans lard à quatre contre un. Ils sont tarés ces types ! Je les ai plutôt fixé les uns après les autres en souriant la figure dégoulinante de leurs crachats. Tu te serais marré comme moi quand après que j’eu tourné les talons, Stevie m'a rattrapé sur le boulevard en bombant le torse devant moi pour me montrer son poing. Nacer, le vieux briscard, a bien compris qu'il valait mieux retenir la revue de mode aux tatouages en coordonnées qui passe sont temps à s'admirer dans les miroirs de son bar. La première fois que je lui avais adressé la parole c’était en 2015 et je ne savais pas que c’était l’un des patrons : « C'est bon t'es beau, tu me sers un demi s'il te plaît. » Il s'était exécuté et avait monté le son de sa playlist de reggae pourri qu’il faisait tourner dans son bar pour se redonner du cœur à l'ouvrage après le petit soufflé pas bien méchant que je venais du lui mettre. Il n'y avait que lui et moi au comptoir, j’ai tout de même un minimum de savoir vivre.
Je leur ai demandé poliment de me rendre mes affaires, et que s'il y avait eu de la casse, il suffirait qu'ils me remboursent. Ils ont dû jeter toutes mes nippes dans le caniveau. J'ai réussi à récupérer ma carte d'identité aux objets trouvés. J'aurais pu porter plainte et nous aurions dû exposer devant la police des faits que je vais maintenant mettre sur le papier, et ils comprendrons que le brulot que je leur prépare aura une autre gueule qu'un dépôt devant agent du maintien de l’ordre. Je leur ai laissé la possibilité de m'attraper encore les couilles en leur proposant de mettre un genou à terre en leur laissant une main de libre, mais à présent c'est à genoux qu'ils vont ramper devant moi et avec les mains au sol.

Il faut que je te laisse l’ami, j’espère que Stéphanie va bien vouloir répondre à ce message qui t’était adressé. C’est elle qui a écrit le texte qui est en ligne sur la page (RE)present de mon site internet. Je m’en suis servi pour la première fois lors de la promotion de ma dernière exposition au Bistroquet sur l’avenue Eugène Pierre en décembre 2020. Nous avions sympathisé trois mois auparavant juste avant l’exposition que j’avais donnée au Panier dans un studio loué en Airbnb. Nous faisions la queue pour acheter des clopes place de Lenche. Je l’ai abordée en lui disant que je l’avais remarquée sur le boulevard de La Libération à l’arrêt de bus devant l’atelier de l’ébéniste. Elle a été surprise et elle s’est souvenue qu’elle était bien à cet endroit deux jours auparavant. Elle a rit et je lui dit : « Je suis photographe, je peux faire ton portrait ? » Elle m’a répondu : « Oui mais quand ? » Je lui ai répondu : « Maintenant. » Elle : « D’accord. » J’ai pris la photo et j’ai dégainé ma carte. Elle l’a prise et m’a remercié. Je lui ai souri, elle m’a souri et je suis sorti du bar-tabac. La tunisienne m’attendais en terrasse, nous venions de nous disputer. J’aperçois alors la serveuse qui attendait devant l’entrée du bar où nous étions installé Inès et moi. Elle était telle une déesse grecques portant son plateau, prête à partir au combat. Je lui dit : « Ne bouge pas. » J’ai mis un genou à terre et tu me connais, one shot. J’ai bien suivi ton adage : « La photo c’est comme le tire à l’arc Julien, chaque photo est une flèche. » Il se trouve que je tire plus que toi, mais sans pour autant tenir une mitraillette entre les mains, juste un petit revolver Smith et Wesson modèle 36, alors que toi tu en es resté au mousquet d’infanterie française Charleville modèle 1768. Je ne me rappelle pas avoir laissé ma carte à la serveuse. Je me suis redirigé vers la table où Inès m’attendait. La scène l’avait fait rire, tout particulièrement ma mise de genou à terre pour prendre le cliché. Le calme était revenu et notre dispute n’était plus qu’un souvenir. Deux jours plus tard, Stéphanie laissa un commentaire sur le portrait d’elle que j’avais posté sur Instagram quelques heures auparavant. C’est mon texte (RE)present. Il faudrait que sa réponse soit aussi courte et percutant que son texte précédent. Mais si elle pouvait éviter les comparaisons trop élogieuses : « En fait, lui, c'est un peu le Philippe Djian de l'image. » Surtout que je n’ai lu qu’un de ses livres, ‘Chez les blancs’, je n’ai même pas fait l’effort de lire ‘37°2 le matin’. Je me suis suffit de la première prestation de Béatrice en 1986 dans le film de Jean-Jacques, quand elle n’avait pas encore la bouche botoxée jusqu’aux oreilles. La franco-marocaine avait aussi écrit un texte sur mon travail m’avait-elle dit. Elle n’a jamais voulu me le faire lire. C’était mignon, un petit non de la tête le menton baissé avec un air de petite fille à quarante ans passé. Je me rappelle aussi de la parisienne cartomancienne qui m’avait dit que mes photos lui faisaient penser à des tableaux de Vincent : « Ah ouais, tu pourrais m’écrire un texte sur ce que tu viens de me dire ? » Lui avait-je demandé. Elle avait accepté, mais elle n’a pas eu le temps de s’exécuter, je lui ai coupé la tête avant. « Prépare-toi à ce qu’on écrive sur ton travail Julien. » M’avait amicalement averti Hélène. Elle aussi me l’avait fait à l'envers, le plus gros contre-pied que j'ai eu à subir : « Je ne suis pas ta mère Julien. » Je lui avais répondu : « Il n’est pas encore temps de parler de la sicilienne née à Tunis madame la professeure d'art appliqué qui m’a enseigné l’art plastique en terminal F12. Mais n'oublie pas que tu n’as que six ans de plus que moi petite. Tu avais vingt-trois ans lors de ta première année à l’éducation nationale au lycée Denis Diderot. Ta première année à Marseille. Tu t'étais fait courser au Panier parce que tu avais pris des photos avec ton Leica. J'étais ton meilleur élève. On se re-croise il y a six ans et je te montre ma mosaïque par trois sur Instagram. » Accrochée elle m’avait dit : « C’est cinématographique. » Je lui avais répondu que je voulais laisser une trace, elle m’avait répondu que ce n'était pas important. Elle se mets à me parler de l'éphémère en touchant l'écorce de l'arbre qui est à côté de nous : « Tu m'emmerdes à me prendre en contre-pied juste pour faire la maline. Tu es devenue une bonne marseillaise comme la tunisienne. Pauvres filles. » Il prennent vite le pli toutes celles et ceux qui viennent s’encanailler dans cette ville qu’il prennent pour ce qu’elle n’est pas. Si tu veux du soleil, de la culture et du football c’est à Barcelone qu’il faut aller, je suis sûr que le marseillais que tu es comme moi est d’accord avec ça, toi qui n’aime pas ce sport mais dont le travail emblématique repose sur les supporters de l’OM. Cette ville n’est pas culturelle, elle est identitaire : « Bonjour monsieur, que puis-je pour vous ? » Moi : « Je cherche cette zone industrielle mais je crois que ça va m’obliger à sortir de la ville et je ne sais pas quel bus prendre. » Lui : « C’est facile et plus rapide comme ça. Vous prenez ce tramway dans ce sens et après vous demandez. Il vous faudra marcher un petit peu. Vous venez d’où ? » Moi : « De Marseille. » Lui : « Vous n’avez pas l’accent, c’est dommage. » Tu vas me dire, les bouseux du Mans ne valent pas mieux. Hélène continue. Je lui ai dit ‘le flux et le reflux’, elle me répond LE FLUX ET LE REFUS. Bingo. Elle me dit qu’elle me trouve beau, mais c'est une simple remarque esthétique. Elle me dit qu’il faut que je performe avec cet atout, ne pas avoir de scrupule si je veux arriver à mes fins. Dans la rue près du platane, elle s’est rappelé comment j'étais plus jeune. Timide et gentil en comparaison avec les deux Remy et Colin. J'ai revu les deux premiers, l'un la face rougie par l'alcool et le second gros comme un porc se pavanant avec ses principes marxistes en Luttes Ouvrières. Je l’ai invité à venir chez moi pour venir voir mon travail plus en détail. Elle a accepté, j’ai tout préparé et elle m’a posé un lapin quelques heures avant le rendez-vous. Elle m’a parlé de son frère. Elle me raconte n'importe quoi. Faut dire qu'elle est un peu fêlée. Maintenant elle a peur de moi, alors qu'elle n'a jamais eu rien à craindre : « Il faut que tu fasses un bouquin avec ces photos Julien. » M'avait-elle dit lors de ma dernière exposition au Bistroquet : « Laisse-moi faire un portait de toi Hélène, je ne t'ai jamais prise en photo. » Elle m'avait répondu : « D'accord mais je garde le masque. » J’avais dit à la tunisienne que parfois quand elle parlait c’était comme de la poésie. Elle m’avait répondu timidement : « On me l’a déjà dit. » Quelques jours plus tard, elle m’avait lu un texte qu’elle avait pondu en sortant de son service. Je n’avais pas su quoi dire. Elle a compris que c’était aussi mauvais que les gouaches qu’elle avait peintes et accrochées à ses murs à la suite d’un rêve. Elle ne s’est plus jamais réessayé à l’exercice. Comme si mes premières photos avaient un quelconque intérêt : « Vos dix mille premières photos sont vos pires. » m’avait répété Henri lors de mes premiers runs dans les rues de Marseille. Une périostite au tibia gauche m’avait aussi prévenue au corps. Maintenant je gère plus ou moins avec les conseils de Marcel, le patron du New Institut Longchamp, la plus vieille salle de musculation de Marseille, sur le boulevard du même nom. Chaussettes de contention que j’ai remplacées par des chaussettes de foot pour que ça serre moins : « Ne les porte pas tout le temps, sinon tu n’arriveras plus à marcher sans. » M’avait-il dit. « ‘Ginkor Fort’, deux gélules par jour Julien, c’est surtout quand il fait chaud en été, c’est pour fluidifier ta circulation sanguine, mais il faut commencer le traitement un mois en avance si tu veux que ce soit efficace. En cas de crise hémorroïdaire, tu augmentes la prise petit. Six gélules par jour durant six jour. » Je lui avait répondu : « Comment tu sais Marcel ? » Il m’avait répondu : « Je sais, c’est tout. Et tu évites de marcher en canard, tes pieds doivent rester parallèles à la route l’artiste. » Avec le recule ce devait être les vapeurs de l’alcool qui avaient donné aux mots d’Inès ce faux-semblants poétiques. Sa voix surtout, qu’est-ce qu’elle était belle. Étouffée, changeant de tonalité parfois, des allers-retours oscillants entre basses et aigus résonnants dans un petit corps menu d’une femme de quarante cinq ans qui en paraissait trente. Stéphanie m'a dit un jour : « Julien, celles et ceux qui jouent n’aiment pas toujours le jeu. » Je lui avait répondu : « Tu connais mon père ? » C’est de loin avec elle que je me suis le plus amusé ces dernières années. Quand cette femme écrit, ça peut être de tendres caresses comme des coups de poings dans le bide.

SICILIANS


"Sicilians are great liars. The best in the world. I'm Sicilian. My father was the world heavy-weight champion of Sicilian liars. From growing up with him I learned the pantomime. There are seventeen different things a guy can do when he lies to give himself away. A guys got seventeen pantomimes. A woman's got twenty, but a guy's got seventeen. But, if you know them, like you know your own face, they beat lie detectors all to hell. Now, what we got here is a little game of show and tell. You don't wanna show me nothin', but you're tellin me everything. I know you know where they are, so tell me before I do some damage you won't walk away from."
Christopher Walken

Tony Scott - True romance (1993)

OU MÊME DE MONTCUQ ILS S'EN FLATTENT MAZETTE

PIM LE CHAT (1/1)
« Maudits soient ces enfants de leur mère patrie, empalés une fois pour toutes sur leur clocher, qui vous montrent leurs tours, leurs musées, leur mairie, vous font voir du pays natal jusqu'à loucher, qu'ils sortent de Paris, ou de Rome, ou de Sète, ou du diable vauvert, ou bien de Zanzibar, ou même de Montcuq il s'en flattent mazette, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. »

Georges Brassens - La ballade des gens qui sont nés quelque part (1972)

QU'EST-CE QU´ELLE VEUT CETTE CONNASSE ?

PIM LE CHAT (1/1)
« Qu'est-ce qu´elle veut cette connasse ? Le beurre ou l'argent du beurre, que tu vives ou que tu meurs ? faut qu'elle crève de bonheur, ou qu'elle change de godasses, faut qu'elle croule sous les fleurs, change de couleur, je vais jouer au docteur. »
Camille - Ta douleur (2005)
SOMMAIRE

message 1
PRÉAMBULE POUR STÉPHANIE
à Franck

chapitre 1
TPMP
Touche Pas à Mon Patron

chapitre 2
LES MARLOUS DES NUITS MARSEILLAISES
au GRANVILLE/air en descente sur Le Lounge Étoilé avec l'aide de La Barjavelle et du Deux-Tiers au Carré


chapitre 3
AU LOUNGE ÉTOILÉ
maintenant que plastique


message 2
BÉGAUDEAU, ARTHUR H ET JOSEPH
à Ricco

chapitre 4
AUGMENTÉ(e)
technicien, technophile et socialiste

chapitre 5
L'ENNUIE
la franco-marocaine

conversation 1
VULGAIRE(s) ET BRUTAL(s) vs GROSSIER(e), INDÉCENT(e) ET VIOLENT(e)
avec Titouane sur la plage de Piémanson

chapitre 6
KIMBERLY
made in Canada

chapitre 7
CONDITIONNÉ(e)
le goût de mort

chapitre 8
PRINCESSE
la mancelle didascalique

conversation 2
LE TRIOLISME NORVÉGIEN
avec Stéphanie en thirty six fifteen

chapitre 9
STEVIE
le tatoué en coordonnées

conversation 3
LA FEMME DE L'ARCHITECTE
avec Stéphanie au Zing Dégommé

chapitre 10
SUZY
guinness world records

chapitre 11
LA BOLOGNAISE VÉGÉTARIENNE
Luna

message 3
ALTERNATIVE ENDING À LA PELLE QUI COOL
à Fabien
LE FLUX ET LE REFUS
tome 2

SON PETIT CŒUR ÉTAIT PUR MAIS MAINTENANT IL CRIE ‘VENGEANCE’

PIM LE CHAT (1/1)
« Il a triste mine quand il déboule à la cantine, les autres petits font des batailles avec des clémentines, le chef de table, c'est un grand blond qui l'embête, celui qui dans les arbres lui avait perché sa casquette, il s'acharne sur le p'tit, qui lui a jamais rien fait, à la récré c'est moqueries, même à la balle au prisonnier, c'est la tête de turc le genre qu'on course dans le parc, avec un pull trop grand, qu'a tellement peur des clowns au cirque, à l'école, pour lui c'est l'humiliation, en 6ème ça sera ‘the wall’ et commencera la sélection, il serre encore les dents mais tiendra pas dans cette violence, son petit cœur était pur mais maintenant il crie ‘vengeance’. »
Stupeflip - Le spleen des petits (2011)

YEAH


"Told you I'm never going back."
Robert De Niro

Michael Mann - Heat (1995)
BONUS
1/2
— Salut Joséphine, tu ne bosses plus au Curé Défroqué ?
— Qu’est-ce que tu veux l’artiste ?
— Pisser.
— Ben vas-y. Lolo n’est pas là, tu peux faire comme chez toi.
— Tiens Marine suit ce lieu sur Instagram !? Lolo est le patron de ce rade ?
— Ben ouais Julien. J’ai vu que Marine avait aussi vu ta dernière vidéo sur Papacito qui fait un carton sur TikTok.
La Provence et Manuel l’ont aussi vu. Même Baptiste Marchais.
— Il pourra faire passer à Ugo, puisqu’il t’as bloqué cette cave.
— Tu sais pour qui tu bosses ?
— On le sais tous à Marseille.
— Même Benoît ?!
— Sure. Mais lui c’est une lavette. Il te bloque toujours sur @triplejulienalbertini ton compte qui compte ?
— Ben ouais, on dirait que Arnaud n’a pas encore trouvé les mots pour lui expliquer comment ça marche à notre bon maire sur les réseaux sociaux pour une personnalité publique.
— Ce sera encore moins Charlotte.
Samia peut-être ?
— J’en doute, c’est Charlotte qui gère son compte Instagram.
— Si elles et ils savaient ce que pense Michèle de toute cette bande.
— Ah oui tu l’as croisé dans le métro il y a peu : « Ce sont des vieux avant l’âge Julien. » Tu lui as même laissé ta carte. Quelle branlée tu leur mets aux marlous. Je t’avais mal jugé l’artiste.
— Ce n’est pas grave petite. Avec Stevie, Lolo est dos au mur à présent.
— Ce ne sont que des fusibles tu sais.
— True. Et je n’œuvre pas pour tout dégommer. Je ne suis pas un bon samaritain, mais il y a des choses que je ne peux laisser passer.
— Tu me rassures, un temps j’ai presque cru que tu étais une tête brûlée.
— Grand Dieu non. Je suis artiste.

2/2
— Viens ici toi.
— Oui.
— Casse-toi.
— Mais on est dans la rue le petit con du Deux-Tiers au Carré.
— Je vais t’en mettre une sale pédé. T’as pas de couilles.
— Toi tu en as eu pour me cracher dessus en dernier au Lounge Étoilé après que Lolo, Stevie et Nacer aient introduit ?
— Retiens-moi, je vais le bousiller cet enculé.
— Ton ancien amant Noah est aussi là Titouane. Lui aussi m’a dit casse-toi du bout des lèvres avec son regard de cocker. Jolie sa nouvelle coupe peroxydée.
— Va porter plainte Julien, tu as tout pour les faire tomber.
— Je suis artiste, la police et la justice ont autre chose à faire en ce moment. Ils ont encore une partie de mes affaires.
Quand j’aurai tout retrouvé comme avant j’arrêterai.
— Tu joues un jeu dangereux frangin, c’est toi seul contre tous.
— Je ne suis plus si seul à présent madame. C’est sûr que si toi, Arnaud ou Bruno, vous bougiez ne serait-ce que le petit doigt…
— Non Julien, tu vas devoir te débrouiller seul comme souvent.
— On se voit bientôt sur Arles.
JULIEN ALBERTINI
writer, visual artist(E) and photographer
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